Polystyrène, laine de roche, fibre de bois : quand on prépare une isolation par l’extérieur, la question de l’isolant arrive vite, et les réponses qu’on trouve se contredisent souvent. Les uns ne jurent que par le biosourcé, les autres par le prix au mètre carré. La vérité de chantier est plus simple : il n’y a pas de meilleur isolant en général, il y a le bon isolant pour votre mur. Voici comment nous les comparons, avec les chiffres des fiches techniques et nos prix, pour que vous sachiez ce qu’on va vous proposer, et pourquoi.

Les critères qui décident vraiment

La performance thermique. Elle se lit dans le lambda (λ), la conductivité thermique : plus il est bas, moins il faut d’épaisseur pour atteindre la même résistance thermique R. C’est ce R qui compte pour le confort et pour les aides. Un isolant à λ bas n’isole pas « mieux » au final, il isole autant avec moins d’épaisseur, ce qui change tout quand le débord de toit est court ou que le mur est en limite de propriété.

Le comportement à la vapeur d’eau. Un mur ancien en pierre, en galets ou en brique foraine évacue en permanence l’humidité qu’il absorbe. Un isolant qui freine fortement la vapeur, posé dessus, enferme cette humidité dans la maçonnerie. Un isolant ouvert à la vapeur la laisse passer. Sur un parpaing récent et sain, la question est beaucoup moins critique.

La réaction au feu. Les isolants sont classés de A1, incombustible, à F. Pour une maison individuelle, tous les systèmes certifiés sont utilisables ; en immeuble, la réglementation incendie impose des dispositions particulières, et le choix se resserre.

Le confort d’été. Un isolant léger ralentit peu la chaleur ; un isolant dense, qui stocke beaucoup d’énergie avant de la laisser passer, la retarde de plusieurs heures. C’est ce qu’on appelle le déphasage, que nous chiffrons plus bas. Sous les étés que nous connaissons désormais en Ariège et autour de Toulouse, ce critère pèse de plus en plus lourd.

Le prix. Il dépend surtout du système complet, colle, chevilles, armature et finition compris, plus que de l’isolant lui-même.

Le comparatif des isolants d’ITE

Polystyrène graphitéLaine de rocheFibre de bois
Conductivité λ (W/m.K)0,031 environ (0,038 pour le polystyrène blanc)0,035 environ0,037 à 0,048 selon le panneau
Épaisseur pour R = 3,712 cm13 à 14 cm14 à 18 cm
Vapeur d’eauFreine nettement la vapeurTrès ouverteTrès ouverte
Réaction au feuClasse EA1, incombustibleClasse E
Confort d’étéFaible, isolant très légerMoyenLe meilleur : dense, forte capacité à stocker la chaleur
AcoustiqueFaibleBonneBonne
Pour quel murParpaing, brique creuse, pavillons 1960-1990Parpaing, béton, immeubles, exigence feu ou bruitPierre, galets, brique foraine, pisé, bâti ancien
Prix HT au m², système complet échafaudage compris150 à 175 €170 à 200 €190 à 220 €

Les valeurs de λ et de réaction au feu sont celles des fiches techniques de panneaux courants pour l’ITE ; elles varient d’un produit à l’autre, et c’est la fiche du panneau réellement posé qui fait foi dans votre devis. Les prix sont les fourchettes que nous pratiquons, détaillées sur notre page consacrée au prix d’une isolation extérieure au m².

Le polystyrène graphité : la référence des pavillons

C’est l’isolant le plus posé en ITE, et pour de bonnes raisons. Le graphite incorporé dans les billes de polystyrène lui donne une conductivité nettement plus basse que le polystyrène blanc, autour de 0,031 contre 0,038 : à résistance égale, il fait gagner deux à trois centimètres d’épaisseur. Il est léger, facile à découper et à poser, et c’est le système le moins cher.

Il a deux limites. Il freine la vapeur d’eau, ce qui ne pose pas de problème sur un parpaing sain mais devient un piège sur un mur ancien qui doit sécher vers l’extérieur. Et il apporte peu en confort d’été, parce qu’il est très léger. C’est l’isolant que nous avons posé sur notre chantier d’isolation extérieure avant / après à Savignac-les-Ormeaux : une maison récente, des débords de toit à respecter, et un budget à tenir.

La laine de roche : le feu et le bruit

La laine de roche est incombustible, classée A1, et c’est son premier argument : en immeuble, elle s’impose souvent d’elle-même, et sur une maison elle rassure. Sa structure fibreuse en fait aussi un bien meilleur isolant phonique que le polystyrène, ce qui compte le long d’une route passante ou sous un couloir aérien. Elle est très ouverte à la vapeur d’eau.

En contrepartie, elle demande un peu plus d’épaisseur que le polystyrène graphité, elle est plus lourde et plus exigeante à la pose, et le système coûte 15 à 25 € de plus par mètre carré. Les panneaux d’ITE sont des laines de roche à double densité, rigides en surface pour recevoir l’enduit : rien à voir avec les rouleaux qu’on déroule dans les combles.

La fibre de bois : le bâti ancien et l’été

La fibre de bois est l’isolant des murs anciens. Elle est très ouverte à la vapeur d’eau, elle épouse mieux un support irrégulier, et elle laisse le mur en pierre continuer à sécher comme il l’a toujours fait. Associée à une finition à la chaux, elle forme un système entièrement perspirant, le seul que nous posons sur la pierre, le galet ou la brique foraine.

Son autre point fort, c’est l’été. Les panneaux d’ITE en fibre de bois pèsent de 110 à plus de 250 kg par mètre cube selon les gammes, beaucoup plus qu’un polystyrène, avec une forte capacité à stocker la chaleur. Résultat, la chaleur de l’après-midi met bien plus longtemps à traverser le mur et arrive en pleine nuit, quand on peut ventiler. C’est l’isolant que nous conseillons dès que le confort d’été est une priorité.

Ses limites : il faut plus d’épaisseur pour la même résistance, il coûte plus cher, et les panneaux doivent rester au sec pendant le chantier jusqu’à la pose de l’enduit. Une fois protégée par sa finition, la fibre de bois ne craint plus la pluie. Le raisonnement complet sur le bâti ancien est dans notre guide de l’isolation extérieure d’une maison ancienne en pierre.

Le déphasage : pourquoi tous les isolants ne se valent pas en été

Le déphasage, c’est le temps que met la chaleur pour traverser une paroi. En été, le soleil chauffe une façade au maximum l’après-midi. Si cette chaleur met deux heures à traverser le mur, elle arrive dans la maison en début de soirée, quand il fait encore chaud dehors et qu’on ne peut pas ouvrir. Si elle en met dix, elle arrive au milieu de la nuit, au moment où l’air extérieur s’est rafraîchi et où il suffit d’ouvrir les fenêtres pour l’évacuer. C’est toute la différence entre une chambre étouffante à 22 h et une maison qui reste vivable pendant une canicule.

Le déphasage ne se lit pas dans le lambda. Il dépend surtout de la quantité de chaleur que l’isolant peut stocker avant de la laisser passer, donc de sa densité et de sa capacité thermique. Deux isolants posés à la même résistance thermique isolent aussi bien l’hiver, mais ils peuvent se comporter de façon très différente l’été. Voici les ordres de grandeur que nous avons calculés pour l’isolant seul, à l’épaisseur qui donne R = 3,7, avec les densités des fiches techniques.

IsolantÉpaisseur pour R = 3,7DensitéDéphasage de l’isolant seul
Polystyrène graphité12 cm15 à 20 kg/m³2 à 3 heures
Laine de roche double densité13 cm70 à 120 kg/m³ selon la face4 à 6 heures
Fibre de bois16 cm110 à 265 kg/m³ selon la gamme8 à 13 heures

Ces valeurs sortent du calcul simplifié du déphasage, qui combine l’épaisseur, la densité, la capacité thermique et le lambda. Nous avons retenu une capacité thermique de 1 450 J/kg.K pour le polystyrène et de 1 030 pour la laine de roche, valeurs de référence de la norme NF EN ISO 10456, et de 2 100 pour la fibre de bois, d’après la fiche du fabricant. Méfiez-vous des chiffres ronds qu’on lit un peu partout : ils sont souvent donnés pour 20 cm d’isolant ou plus, sans le préciser. Un déphasage n’a de sens qu’à une épaisseur donnée.

Il y a aussi une bonne nouvelle, propre à l’isolation par l’extérieur. Ces chiffres concernent l’isolant seul, or derrière lui il y a votre mur. En ITE, la maçonnerie se retrouve du côté intérieur, à l’abri du soleil : elle garde la fraîcheur de la nuit et amortit les variations de température dans la maison. Une isolation par l’intérieur fait l’inverse, puisqu’elle sépare les pièces de la masse des murs. Le déphasage de l’isolant vient donc s’ajouter à l’inertie de votre mur. Il pèse le plus lourd sur une façade ouest en plein soleil, sur un mur peu épais ou sur une maison à ossature légère. Gardez enfin en tête que la toiture reste la première entrée de chaleur en été : nos conseils pour garder sa maison fraîche en été remettent chaque solution à sa place.

Vous ne savez pas de quoi sont faits vos murs ?
C’est souvent le cas, surtout sous un vieil enduit. Envoyez-nous deux photos de la façade : nous vous disons quel isolant convient, et ce qu’il faudra vérifier sur place.

Envoyer mes photos pour un diagnostic →

Et les autres isolants ?

Le liège expansé partage les qualités de la fibre de bois sur le bâti ancien : ouvert à la vapeur, imputrescible, bon en été. Il est plus cher et moins courant ; nous le proposons au cas par cas, quand une raison particulière le justifie.

Le polyuréthane et la mousse résolique isolent beaucoup sous une faible épaisseur, ce qui les rend intéressants quand chaque centimètre compte. Mais ils sont fermés à la vapeur d’eau et ne conviennent donc pas à un mur ancien. Sur un mur récent, le gain d’épaisseur se paie au mètre carré.

Sous un bardage, le choix est plus large : laine de roche, laine de bois ou fibre de bois en panneaux souples, posées entre des tasseaux et protégées par une lame d’air ventilée. C’est le système à prévoir quand on veut un parement bois ou composite plutôt qu’un enduit.

Quelle épaisseur pour toucher les aides

Les primes CEE, la TVA à 5,5 % et l’éco-prêt à taux zéro exigent pour les murs un isolant d’une résistance thermique d’au moins 3,7 m².K/W. Dans une rénovation d’ampleur financée par MaPrimeRénov’, le niveau demandé monte à 4,4. L’épaisseur se calcule simplement : R multiplié par λ.

Isolant (λ)Pour R = 3,7Pour R = 4,4
Polystyrène graphité (0,031)12 cm14 cm
Polystyrène blanc (0,038)14 cm17 cm
Laine de roche (0,035)13 cm16 cm
Fibre de bois (0,043)16 cm19 cm

Ces épaisseurs sont arrondies aux formats courants. Sur une façade où la place manque, ce tableau explique pourquoi on se tourne vers le polystyrène graphité ou la laine de roche, et pourquoi un isolant plus épais peut obliger à prolonger les appuis de fenêtres ou la rive du toit. Les conditions de chaque aide sont détaillées dans notre article sur les aides à la rénovation en 2026.

Comment nous choisissons l’isolant de votre façade

La première question est toujours la même : de quoi est fait le mur ? Pierre, galet, brique foraine ou pisé, c’est la fibre de bois sous enduit à la chaux, sans discussion. Parpaing ou brique creuse en bon état, le polystyrène graphité est le choix le plus économique, la laine de roche le plus confortable. Viennent ensuite la place disponible, autour des fenêtres, sous le toit et en limite de propriété, l’exposition de la façade, en particulier au soleil d’été, et enfin votre budget.

Il arrive qu’on combine deux isolants sur une même maison : un isolant résistant à l’humidité en soubassement, au contact des éclaboussures, et l’isolant principal au-dessus. Pour comprendre comment ces choix s’inscrivent dans le chantier, de l’échafaudage à la finition, voyez notre guide de l’isolation thermique par l’extérieur.

FAQ : quel isolant pour une ITE

Quel est le meilleur isolant pour une isolation par l’extérieur ?

Celui qui convient à votre mur. Sur un pavillon en parpaing, le polystyrène graphité offre le meilleur rapport entre performance, épaisseur et prix. Sur un mur ancien, la fibre de bois s’impose parce qu’elle laisse le mur respirer. La laine de roche se justifie quand le feu ou le bruit sont des priorités.

Polystyrène ou laine de roche pour une ITE ?

Le polystyrène graphité est plus mince à performance égale et moins cher, de 15 à 25 € HT par mètre carré. La laine de roche est incombustible, meilleure en acoustique et ouverte à la vapeur. Sur une maison individuelle en parpaing sans contrainte de bruit, le polystyrène suffit le plus souvent ; près d’une route ou en immeuble, la laine de roche prend l’avantage.

Peut-on mettre du polystyrène sur un mur en pierre ?

Nous le déconseillons. Le polystyrène freine la vapeur d’eau, et un mur en pierre a besoin de sécher vers l’extérieur. L’humidité reste piégée dans la maçonnerie, avec à terme des désordres à l’intérieur comme à l’extérieur. Sur la pierre, nous posons de la fibre de bois sous enduit à la chaux.

Quelle épaisseur d’isolant pour une ITE ?

Pour atteindre la résistance de 3,7 exigée par les aides : environ 12 cm de polystyrène graphité, 13 cm de laine de roche ou 16 cm de fibre de bois. Dans une rénovation d’ampleur, où le niveau demandé est de 4,4, comptez deux à trois centimètres de plus.

Quel isolant d’ITE a le meilleur déphasage ?

La fibre de bois, de loin : environ 8 à 13 heures à l’épaisseur qui ouvre droit aux aides, contre 4 à 6 heures pour la laine de roche et 2 à 3 heures pour le polystyrène graphité. En isolation par l’extérieur, ce déphasage s’ajoute à l’inertie du mur existant, qui reste du côté intérieur et garde la fraîcheur de la nuit.

La fibre de bois résiste-t-elle à la pluie ?

Une fois recouverte de son enduit, oui : c’est l’enduit qui protège de la pluie, comme sur n’importe quelle ITE. Pendant le chantier, en revanche, les panneaux doivent être tenus au sec jusqu’à la pose de l’enduit, ce qui fait partie de l’organisation que nous prévoyons, en particulier en automne.

Quel isolant pour votre façade ?

Nous venons voir vos murs en Ariège, dans l’Aude et en Haute-Garonne, nous vous disons quel isolant leur convient et pourquoi, et vous repartez avec un devis détaillé. Entreprise RGE Qualibat, visite gratuite.

Envoyer mes photos pour un diagnostic → 06 30 56 86 30

En Ariège, découvrez notre façon de travailler sur notre page isolation extérieure en Ariège ; autour de Toulouse, sur notre page isolation extérieure à Toulouse.

Carine Landrevot, dirigeante de CM Déco, entreprise de rénovation certifiée RGE Qualibat basée à Lavelanet, Ariège.