Vous avez une maison qui chauffe mal malgré un bon système de chauffage ? Des murs froids au toucher en hiver ? Des traces d’humidité ou de moisissures à certains endroits, toujours les mêmes ? Une facture de chauffage qui ne baisse pas autant que vous l’espériez après des travaux d’isolation ? Il y a de fortes chances que vous ayez un problème de ponts thermiques.

Si vous voulez d’abord comprendre ce qu’est exactement un pont thermique, on vous explique ça en détail sur notre page dédiée. Ici, on va se concentrer sur l’autre question, celle qui intéresse vraiment quand on est propriétaire : comment les supprimer ou au moins les atténuer.

D’abord, identifier les ponts thermiques de votre maison

Avant de traiter, il faut diagnostiquer. Tous les ponts thermiques ne se valent pas et tous ne se traitent pas de la même manière.

Sur les maisons qu’on rénove en Ariège, dans l’Aude et en Haute-Garonne, on retrouve presque toujours les mêmes points faibles. Les jonctions entre murs et planchers (notamment au niveau des planchers intermédiaires en béton) sont la première source de pertes thermiques sur les maisons construites avant les années 2000. Les angles de murs, où la géométrie même crée une zone de faiblesse thermique. Les contours de fenêtres et de portes, surtout quand les menuiseries sont anciennes ou mal posées. Les jonctions mur-toiture, où l’isolation s’arrête souvent trop tôt. Les balcons et loggias en béton, qui créent un véritable radiateur inversé.

Pour identifier les vôtres, deux méthodes complémentaires. Le toucher d’abord : en hiver, par grand froid, passez la main sur vos murs à différents endroits. Les zones nettement plus froides sont des ponts thermiques. La caméra thermique ensuite : c’est la méthode professionnelle qui visualise précisément les pertes. C’est ce qu’on utilise sur nos chantiers de diagnostic.

Les solutions pour traiter les ponts thermiques

L’isolation thermique par l’extérieur, la solution la plus radicale

L’ITE est la seule solution qui traite efficacement la plupart des ponts thermiques de l’enveloppe d’un bâtiment. En enrobant la maison d’une couche isolante continue, on supprime mécaniquement les zones de faiblesse au niveau des planchers, des angles, des jonctions.

C’est aussi la seule solution qui ne réduit pas la surface habitable. C’est ce qu’on recommande systématiquement quand l’enveloppe budgétaire le permet et que la façade peut être modifiée (les contraintes PLU et architecturales sont à vérifier).

Sur une maison ancienne en pierre du Couserans, l’ITE bien faite peut diviser par 3 les pertes liées aux ponts thermiques. C’est aussi la solution qu’on couple avec une finition adaptée au bâti ancien pour préserver le caractère de la maison.

L’isolation des planchers bas

Le pont thermique entre la maison et le sol (vide sanitaire, sous-sol, terre-plein) est souvent négligé. Il représente pourtant 7 à 10 % des pertes totales d’une maison mal isolée. Le traitement varie selon la configuration : isolation sous dalle quand la dalle est neuve, isolation en sous-face de plancher quand on a accès à un vide sanitaire, isolation par-dessus la dalle existante quand rien d’autre n’est possible.

Cette dernière option implique de surélever le sol fini de 8 à 12 cm, ce qui pose souvent des problèmes de hauteur sous plafond et d’adaptation des menuiseries. À évaluer au cas par cas.

Le traitement des contours de menuiseries

Sur des menuiseries posées récemment, le pont thermique vient souvent du défaut de pose plutôt que de la fenêtre elle-même. Les bavettes mal jointes, les calfeutrements défaillants, les retours d’isolant absents au niveau des tableaux : autant de zones où l’air froid s’engouffre.

La solution : déposer les habillages, refaire les joints, ajouter de la mousse expansive haute performance, retraiter les retours d’isolation, reposer un calfeutrement de qualité. C’est une intervention chirurgicale qui peut transformer le confort d’une pièce sans nécessiter une rénovation lourde.

L’isolation des combles et des rampants

Beaucoup de maisons ont des combles isolés mais avec une continuité défaillante au niveau des murs. L’isolant s’arrête à l’aplomb du mur, créant un pont thermique au niveau de la sablière. La solution consiste à prolonger l’isolation sur le mur, à reprendre les jonctions, et parfois à refaire complètement l’isolation du comble si elle date d’avant 2005.

Le rupteur de pont thermique pour les balcons

Les balcons en béton qui dépassent de la façade sont des ponts thermiques majeurs. Sur une rénovation, deux options : isoler le balcon par-dessus et par-dessous (efficace mais lourd), ou désolidariser le balcon (chantier très lourd, rarement justifié). Le plus souvent, on conseille de coupler ce traitement avec une ITE qui intègre le retour d’isolation autour du balcon.

Par où commencer quand on a plusieurs ponts thermiques

Si vous découvrez que votre maison a plusieurs ponts thermiques (et c’est presque toujours le cas sur du bâti d’avant 2000), il faut prioriser. Les attaquer tous en même temps, c’est exploser le budget et compliquer le chantier.

Notre logique en trois étapes, qu’on applique sur tous nos diagnostics :

Étape 1 : on traite l’enveloppe principale. ITE si possible, sinon isolation des combles et des planchers bas. C’est ce qui donne 70 à 80 % des gains thermiques.

Étape 2 : on traite les ouvertures. Soit en remplaçant les menuiseries vétustes, soit en retraitant les contours. C’est ce qui apporte du confort immédiat et résout les problèmes d’humidité localisée.

Étape 3 : on traite les ponts thermiques résiduels. Balcons, coffres de volets roulants, prises électriques sur murs extérieurs (oui, ça en est aussi). C’est le travail de finition qui permet d’atteindre les meilleures performances.

Les aides financières pour le traitement des ponts thermiques

Bonne nouvelle : la plupart des solutions ci-dessus sont éligibles à MaPrimeRénov’, aux certificats d’économies d’énergie (CEE), à la TVA réduite à 5,5 %, et parfois à l’éco-PTZ. Sur une ITE, l’effet cumulé des aides peut diminuer le reste à charge de 30 à 50 % selon votre situation.

Pour optimiser ces aides, deux conditions à respecter : faire appel à une entreprise RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) — ce que nous sommes — et respecter les critères techniques du dispositif. C’est aussi pour ça qu’on conseille toujours de raisonner en projet global plutôt qu’en interventions ponctuelles : ça simplifie le montage des aides.

Faisons le diagnostic ensemble

Chaque maison a ses propres ponts thermiques, ses propres priorités, son propre budget. Ce qui marche pour une maison de plain-pied des années 80 à Pamiers ne marche pas pour une bâtisse en pierre dans la haute vallée de l’Ariège.

Le bon point de départ, c’est un diagnostic sur place avec caméra thermique. On identifie vos ponts thermiques, on hiérarchise les solutions, et on vous donne un plan d’action chiffré que vous pouvez étaler dans le temps si nécessaire.

Demandez votre diagnostic thermique ou retrouvez plus d’informations sur les ponts thermiques et sur l’isolation thermique par l’extérieur.